Incitation au départ en vacances des non partants

Ne pas partir et surtout ne pas pouvoir partir en vacances sont devenus aujourd'hui synonymes de marginalité voire d'exclusion, à une époque où, semble-t-il, tout le monde part chaque année.
Combien sont concernés, quelles sont les catégories sociales les plus touchées, quels sont leurs freins majeurs et leurs contraintes spécifiques ? C'est la première série de questions qu'explore ce rapport dans une analyse quantitative et qualitative des non partants.
D'abord s'impose un point statistique sur leur nombre que les enquêtes officielles mesurent de façon différente. En effet, le nombre des non partants varie du simple au double selon qu'on le considère sur deux ans ou sur un an et, entre choix et contrainte, le non départ est vécu de multiples façons.
On ne s'étonnera pas - toutes les approches le confirment - que le premier frein au départ soit d'ordre financier. Par contre, d'autres inégalités apparaissent qui soulignent les difficultés des régions "pauvres", les compositions familiales nouvelles, les problèmes liés au handicap et à la santé et le caractère déterminant de la tranche d'âge : en mal d'emploi, peu solvables, souvent indésirables, les jeunes sont parmi ceux qui partent le moins.
Ces inégalités devant le départ posent question aux dispositifs d'aide aux vacances. Certes ils ont fait preuve de leur efficacité jusque dans les années 80, mais ils semblent s'essouffler face aux nouvelles attentes et ne plus atteindre ceux qui en ont le plus besoin. Quelles sont les pistes à suivre au regard des expérimentations innovantes qu'ont menées de nombreuses associations depuis quelques années ?
L'analyse des systèmes d'aide, de leur failles et donc de leurs nécessaires adaptations constituent la deuxième partie de ce rapport.
Jadis complémentaires, les dispositifs d'aide (bons des CAF et aides des CE) se sont écartés les uns des autres. D'où l'émergence de millions de laissés-pour-compte, salariés d'entreprises sans CE, exclus de l'emploi, travailleurs précaires, de nouvelles catégories mal ciblées par les dispositifs traditionnels.
Les mesures incitatives doivent se repenser dans ce nouveau contexte : aides financières contributives qui font appel à l'effort d'épargne du bénéficiaire, information, assistance à la préparation. Le rapport s'attarde sur quelques expérimentations dont les évaluations sont très prometteuses.
Ainsi les prémices d'une adaptation sont à l'œuvre : on voit se développer de nouveaux partenariats associatifs, les Chèques Vacances s'ouvrent aux salariés des PME-PMI, la CNAF encourage l'expérimentation. La mise en application du droit aux vacances est toujours un vaste chantier.