Polynésie-Mélanésie : l'invention française des races et des régions de l'Océanie (XVIe-XXe siècles)

Polynésie, Mélanésie... mais aussi Australie, Micronésie : on ignore souvent que
le découpage actuel de l'Océanie résulte d'une théorie raciste des «couleurs de
peau», élaborée en France au début du XIX<sup>e</sup> siècle et préparée par des siècles
d'interrogations européennes sur la présence des «Nègres du Pacifique». C'est
aussi l'histoire d'un regard européen-masculin qui admira bien plus les femmes
polynésiennes que les femmes des «îles noires» (Mélanésie).
En rassemblant les divers traités français (ainsi que le traité anglais de J.R. Forster
de 1778) qui ont prétendu donner une classification des peuples du Pacifique, en
retraçant l'origine des appellations savantes, ce livre propose une histoire générale
- et une déconstruction - des visions européennes, raciales et sexistes, sur la
nature physique et morale de ces peuples, entre les XVI<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles.
Cet examen permet aussi de s'interroger sur l'histoire générale du racisme européen,
en suivant le bouleversement qui s'est produit à la charnière des XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles,
quand le naturalisme a laissé la place à la «zoologie» et l'humanisme au racisme
moderne.
La conclusion fait le point des connaissances actuelles en convoquant l'archéologie,
la linguistique et la génétique. Un dossier de cartes présente la vision et les explorations
européennes depuis l'Antiquité. On s'aperçoit qu'il faut repenser une partie de
nos programmes d'histoire et de géographie. Ce livre s'adresse ainsi tout autant aux
enseignants, du secondaire et du supérieur, qu'aux chercheurs spécialisés.