Le goût de la vie : chronique de Savoie

Sauveur Bouisset, dit Spinoza, devenu pensionné
de l'armée, se retira dans la région de
Thônes vers 1920. Erudit, apiculteur passionné et
philosophe à ses heures comme savent l'être les
montagnards, il eut le génie d'écrire le quotidien des
gens d'alors qui l'entouraient.
Avec lucidité bonhomme et gouaille attendrie, sa
chronique, écrite tout juste après le terrible ébranlement
de la Grande Guerre, témoigne de la sagesse
insigne des gens de Savoie, meurtris dans leur chair
et leur coeur, mais gaillards et toujours en verve
devant un verre de vin blanc pour barjaquer,
moquer et rire.
Feuille après feuille du calendrier, apparaissent
sans cesse joies et peines, appréhensions et espoirs de
la rude vie du peuple de la montagne.
Un peu comme pour nous rappeler que toujours
après le coût des misères, revient bien, indéracinable,
le goût de vivre. Même si...