De la parole à l'écriture : ateliers d'écriture en France, au Portugal et au Maroc

La problématique de la transmission des savoirs pose la question de
la relation à l'écrit. Trois données essentielles font sens ici, qui
concernent tout particulièrement celles et ceux en position d'« entre-deux »
- en mal d'intégration scolaire ou sociale, en état d'échec,
démunis ou exclus : la médiation de la parole , remise en scène au
coeur de l'action pédagogique, scolaire et sociale ; l'écoute et «la
reconnaissance» des différences dans la relation à l'autre ; l'attention
aux savoirs d'expérience et à leur mutualisation.
Ce livre présente des expériences de terrain conduites en situations
quasi extrêmes. En référence aux problèmes de scolarisation dans leurs
pays, des étudiants du troisième cycle en Sciences de l'éducation ont
expérimenté une méthodologie d'écriture collective fondée sur les
capacités de l'imaginaire et du symbolique, et sur l'art de raconter «à
plusieurs voix». Deux groupes de collégiens se rencontrent au Portugal
et au Maroc pour créer en français, langue seconde pour eux, un conte
sur la réalité de l'émigration. Dans le Sous du Maroc, des femmes
berbères - analphabètes - sont mises en situation d'écrire une histoire
positive de leur condition de femme : «gardiennes de la terre», elles
disent aujourd'hui leur désir d'école pour leurs filles. Des élèves en
France - collège et lycée professionnel - apprécient l'intérêt de
travailler ensemble l'écriture d'histoires et poèmes...
Les marginalisés ne peuvent en effet demeurer voués ni à la fatalité
ni à la désespérance des « sans-voix ».
Cette culture de l'écriture - « de la parole à l'écriture » - met en
évidence les enjeux de la reconnaissance de la dimension «poétique»
du rapport au monde, trop souvent dénié.