Enfants d'Ararat : témoignages pour la reconnaissance du génocide arménien

«Je me souviens, j'avais cinq ans, l'Euphrate était couleur de sang, les rivages
étaient jonchés de cadavres d'Arméniens, et moi, lors de ces promenades imposées, je
n'osais dire un mot de peur de subir immédiatement le même sort.» (Turquie 1915)
«Les papiers disaient : valable pour un seul voyage. Mes parents décidèrent que ce
serait Marseille.» (Marseille 1924)
«Ils ont construit de leurs propres mains, pierre après pierre, leurs maisons, en
s'aidant les uns les autres.» (Nice 1924)
«Je suis entré dans la Résistance, j'avais 16 ans, mon nom de code était Popeye,
j'ai participé à l' Opération Frankton. » (Bordeaux 1939/45)
«Lors de mon service militaire obligatoire, on m'a tapé dessus matin, midi et soir
parce que j'étais un «gavioure», un infidèle.» (Turquie 1976)
«L'Etat distribuait des tickets pour acheter le pain, limité à deux cent cinquante
grammes par personne et par jour.» (Arménie 1990)
«Je me sens totalement français, mais on ne peut pas se construire de manière
correcte sans que ce crime soit reconnu, ma génération travaille à cela.» (Nice 2008)
Des rescapés du génocide de 1915 aux Arméniens venus d'une Arménie libérée
du joug soviétique en 1991, en passant par ceux qui ont fui l'oppression en Turquie
dans les années 1970/80, cet ouvrage retrace, à travers leurs témoignages, l'histoire
de ces Français d'origine arménienne, pour qui intégration et respect des valeurs de
la République sont une vraie ligne de conduite. Depuis près d'un siècle, ils tentent de
faire le deuil de leurs morts, face à la Turquie, un Etat dont les aspirations européennes
contrastent avec son amnésie et sa distorsion des événements de 1915.