Le mariage des prêtres, une hérésie ? : genèse du nicolaïsme, Ier-XIe siècle

Le mariage des prêtres, une hérésie ?
Genèse du nicolaïsme I<sup>er</sup>-XI<sup>e</sup> siècle
Jusqu'au XI<sup>e</sup> siècle, beaucoup de prêtres catholiques étaient mariés, sans que cela pose le moindre problème. En 1059, le milieu pontifical se met brusquement à considérer ces clercs comme des pervers sexuels, mais surtout comme des hérétiques, les nicolaïtes, proches d'autres déviants (les simoniaques), qu'il faut éradiquer.
Menée du I<sup>er</sup> au XI<sup>e</sup> siècle, l'enquête explore comment l'institution catholique a construit et imposé la norme du célibat ecclésiastique, en instrumentalisant l'accusation d'hérésie. Elle montre aussi comment cette dernière a permis d'ébaucher une monarchie d'Église, centrée sur Rome, dans laquelle le souverain pontife dispose désormais d'outils de coercition interne. Plus largement, l'ouvrage retrace l'émergence en Occident, à travers l'interdiction du mariage aux prêtres, d'un groupe survalorisé, exclusivement masculin et détenteur du capital culturel et économique : la caste sacerdotale.