Suite nantaise

C'était un jour d'automne en 1952, sans doute un soir,
après le dîner, lui occupé à lire son journal, elle venant
s'asseoir en face, les mots déjà en bouche. Eh bien,
tu ne me demandes pas ce qu'il y a ? Il leva les yeux.
Quel éclat surprit-il alors dans son regard, quel
tremblement dans sa voix ? Quand elle eut fini de
parler, il sentit confusément qu'une part de la vérité lui
échappait.
Suite nantaise prolonge en quelque sorte Noms de Nantes
paru dix ans plus tôt, mais sous une autre forme et avec une
autre portée. En l'occurrence, au travers des cinq
mouvements qui composent cette suite, on assiste au
glissement du réel vers la fiction, à la sublimation du vécu
par l'écriture. Les dernières pages du livre affinent les
contours d'un espace romanesque en devenir.