Le bannissement et l'exil en Europe aux XVIe et XVIIe siècles

Dans l'Europe des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles, on présentait souvent
le bannissement et l'exil qui s'ensuivait comme une
juste punition pour avoir transgressé la loi. On condamnait
ainsi les pauvres, les vagabonds ou les femmes, pour
mendicité, vol ou adultère. Dans d'autres cas, on incitait
fermement hommes et femmes à quitter leur pays pour
échapper aux persécutions religieuses ou politiques ; ainsi
des juifs et des protestants fuyant l'Inquisition, des rebelles
et des courtisans tombés en disgrâce.
En proposant des textes de littéraires et d'historiens sur
la mise au ban en France, en Allemagne, en Italie et en
Angleterre, ce numéro de La Licorne invite à la réflexion
sur les rapports entre le «cruel exil» et l'exercice du pouvoir.
La proclamation : «Je te bannis !» n'est pas qu'un
acte performatif censé traduire une «oeuvre de justice»,
c'est également une «manifestation de force» destinée
à marginaliser des individus exceptionnels ou certaines
populations indésirables.
Cet ouvrage commence par évoquer les problèmes religieux
de la mise au ban, de l'enfermement, de l'excommunication
et de l'exil. Il aborde ensuite les modalités et les
significations sociales, politiques et légales de ces peines.
Enfin, il examine plus particulièrement la poétique du bannissement
et de l'exil telle qu'elle se dégage des mémoires
d'exilés et des oeuvres dramatiques. Par ses approches critiques
variées qui s'interpellent et se répondent, il tente de
comprendre ce qui se joue dans le douloureux envers de l'exil,
dans «le territoire dangereux de la non-appartenance».