La guerre de Cent Ans en Normandie

Le roi d'Angleterre Edouard III était le petit-fils du feu roi de
France, Philippe le Bel. Dès la mort du dernier Capétien direct,
Charles IV, il prétendit à la couronne de France. Mais les barons
français, en 1328, lui préférèrent Philippe VI de Valois, cousin de
Charles IV. Dès lors, Edouard III, ayant estimé être dans son bon
droit, unit sur son blason les lys de France aux léopards
d'Angleterre et ouvrit les hostilités contre son cousin Philippe.
Le conflit dura exactement 116 ans, de 1337 à 1453, d'où son
nom de "Guerre de Cent Ans". Cinq rois de France s'opposèrent à
cinq rois d'Angleterre. La Normandie fut l'un des principaux champs
de bataille des antagonistes. La dernière bataille, décisive pour l'issue
du conflit, eut d'ailleurs lieu sur son sol, à Formigny (Calvados),
le 15 avril 1450.
D'aucuns ont affirmé que la population normande avait autant
souffert de la Guerre de Cent Ans que de la Seconde Guerre mondiale.
Il est vrai que les "Godons" (déformation de "God Damm") et
les mercenaires qui les assistèrent étaient particulièrement motivés
dans la lutte contre les "rebelles", car un "rebelle" français valait six
livres, soit quatre semaines de solde d'un homme d'armes. Dès
lors, combats meurtriers, villes et villages détruits ou mis à sac,
famine, massacres d'habitants, etc., côtoyèrent trois générations
de Normands. Cette guerre cruelle, heureusement interrompue par
des trêves fréquentes, est racontée dans un style alerte et vigoureux
par l'historien Jean-Paul Lefebvre-Filleau. Un livre passionnant,
à la portée de tous.