De la démocrature à la démocratie au Burkina : rôle de l'Eglise et défis

Sur la grande avenue menant à la Présidence du Faso, trône un monument
gigantesque, le Mémorial aux héros. Le gouvernement de Transition y a
érigé deux stèles représentant des poings levés vers le ciel, en souvenir des
martyrs de l'insurrection populaire d'octobre 2014.
Ces poings levés vers le ciel symbolisent la victoire de la lutte populaire
sur la démocrature au prix de vies héroïques arrachées. Parmi les acteurs
clés de ce changement, on compte entre autres, l'Église catholique dont
l'engagement a été déterminant.
Si le mouvement insurrectionnel a abouti à la fin de la démocrature,
débouche-t-il pour autant sur un renouveau de la démocratie ? Pour sûr,
il ouvre la voie d'un mieux-être de l'idéal démocratique au Burkina ; mais
ce renouveau démocratique loin d'être un acquis, s'inscrit dans l'ordre
de la conquête.
Nous nous sommes d'abord situés en amont de la rupture politique
intervenue au Burkina pour juger de la part de l'Église catholique ;
ensuite en aval, pour appréhender objectivement les défis et les enjeux du
renouveau démocratique attendu.
Nous avons mis pour cela, les ressources de la science politique, de la
philosophie morale et politique, de la théologie au service de l'audace de la
pensée, convaincu que l'expérience burkinabè peut faire école à condition
que les sentinelles de la démocratie restent éveillées.