Les brillances du crépuscule

Entre Violette et Samy, une vieille dame exceptionnelle
et un jeune homme fragile, liés par une amitié peu commune,
des personnages aux prises avec l'émouvant parcours de
la vie prennent forme avec une authenticité remarquable : le
fantôme adoré, la femme adultère, l'Homme sans prénom, la
maîtresse délaissée, l'écrivain solitaire, chacun en attente
d'une délivrance par les forces vives de l'amour, de l'amitié,
du travail et du génie littéraire.
Dans ce quatrième roman, Marina Levi-Valle
entraîne le lecteur dans une ronde tendre et vivante où la
finesse de l'analyse psychologique, sans épargner de lourds
problèmes comme la vieillesse et la dépression, le dispute à
la beauté de l'écriture.
Samy ne put s'empêcher d'effleurer la joue de velours
fripé d'un baiser rapide qui lui livra, l'espace d'une seconde,
des fragrances inédites pour son odorat d'homme moderne :
savon à l'oeillet, poudre de riz fraîchement pulvérisée, eau de
toilette naïve ; des effluves très nets et très différenciés,
comme ceux qui flottaient autrefois dans des parfumeries
désuètes, émanaient de ce corps redevenu presque enfantin
depuis que ses humeurs, ses sécrétions de femme à part
entière, l'avaient déserté.