Etre nationaliste à l'ère des masses en Europe (1900-1920)

Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale
source de l'avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le
retour actuel sur la scène politique d'un certain attachement à la nation,
allant jusqu'à l'expression même de mouvements radicaux à caractère
xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures
au coeur de l'Europe ?
C'est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette
recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des
années 1900 jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale en
l'interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais
en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l'histoire de
l'Europe, le passage à la société de masse.
Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne,
en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en
Pologne durant cette période ? Pour tenter de répondre à cette question,
un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l'étude des éléments
constitutifs de « l'être nationaliste » : le registre du rapport au monde
(sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l'esthétique), mais aussi,
les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre
la part dévolue à l'action politique au moment même où la guerre apparaît
pour tous comme la grande épreuve de vérité.