Spinoza, l'éclaireur : le point de vue breton

Spinoza : «l'athée», «le panthéiste», «l'étranger».
Autant de préjugés qui, comme pour Descartes, nous
empêchent de connaître vraiment le personnage.
Depuis le 17e siècle, Spinoza «sent le soufre» : les
philosophes ne le fréquentent qu'avec précaution tout
en reconnaissant qu'il est pourtant «le plus grand
d'entre eux». Celui que l'on nomme aussi «l'exilé»
a révolutionné la philosophie au point de transformer
celle-ci et de nous emmener au-delà de toute philosophie.
La famille de Spinoza, de confession juive, est chassée
d'Espagne, puis du Portugal, avant de s'installer,
comme Descartes, en Hollande. Cependant, ce que
les historiens disent moins (et les philosophes encore
moins), c'est qu'entre Porto et Amsterdam, la famille
de Spinoza s'est établie à Nantes. Une ville encore
connue à l'époque (une cinquantaine d'années après
1532) comme étant «la cité des Ducs de Bretagne».
Est-il étonnant que Spinoza soit devenu philosophe
grâce à Descartes ? Et qu'il y ait été attentif au point
de l'avoir compris comme personne d'autre ? Spinoza
n'est pas «cartésien». Il est avant Locke,
Berkeley et Hume, le premier lecteur de Descartes.