Le tremblement de terre de la Martinique

Trois pièces de 1840 portent le titre Le Tremblement de terre de
la Martinique. Après la réédition de celle de Lafont et Desnoyer
(coll. Autrement Mêmes, 2012), voici celle du drame d'Adolphe
Dennery, avec, en annexe, un examen rapide de la folie-vaudeville
en un acte d'Auguste Jouhaud (pièce inédite).
La pièce de Dennery ne cherche ni à dénoncer ni à déplorer les
conséquences de l'esclavage, en dépit du fait qu'on peut découvrir,
dans le dialogue et dans certaines actions représentées sur scène,
l'évidence d'un système d'exploitation sexuelle et de violence raciste
dans un cadre colonial. Structuré par des composants traditionnels
du mélodrame familial, ce drame mérite d'être redécouvert ne
serait-ce que pour le personnage de Daniel, esclave peu intelligent
et complice d'un crime, qui finit par dénoncer le véritable coupable
et sauver ses victimes vertueuses. C'est grâce à ce protagoniste peu
typique, autant qu'à la mise en scène spectaculaire du cataclysme qui
donne son nom à la pièce, que l'oeuvre connaît un véritable succès
en son temps et marque une petite évolution dans la représentation
des Noirs sur la scène française du XIX<sup>e</sup> siècle.