Préfigurations égyptiennes des dogmes chrétiens

Notre histoire est aussi vieille que le vieux fleuve Nil. Une histoire
faite de morts et de résurrections, à l'image d'une terre qui tous les ans se
dessèche et renaît sitôt que déferle l'inondation. Mort et vie s'incarnaient
dans la passion d'un dieu, Osiris. La déesse avait le pouvoir de guérir de la
mort. La passion du Christ sur la croix répète le destin mythique d'Osiris ;
sa descente aux Enfers répète celle du soleil dans le monde des ténèbres,
du grain d'orge dans la terre, et leur retour à la vie et à la lumière.
Hatshepsout, la femme Pharaon a fait représenter sur les murs du temple
de Deir-el-Bahari le récit de sa naissance divine, miraculeuse comme celle
de Jésus. Elle, Fille de Ra', Lui, Fils de Dieu, sont baptisés, dans l'eau du
Nil ou du Jourdain. L'eau est Vie nouvelle donnée à la terre, donnée au
soleil. Et l'inondation est déesse, tombeau et berceau de la terre. Quand
elle arrive, le peuple chante Neferet iti ; la belle est venue. Là est le sens du
nom de la grande épouse royale Nefertiti dont l'époux, Akhenaton, porte
un nom de lumière. Akh n Itn Brillance d'Aton. Un soleil nouveau naîtra
de leur mariage comme du mariage de l'eau et de la lumière.
Nos ancêtres ont inventé un auteur à ce mythe, Thot, dieu de la parole
et de l'écriture. Un ibis le représente parce que son bec courbé ressemble
à un croissant de lune. Il est cette petite lumière du Verbe créateur qui fait
exister le soleil en l'absence de l'astre, comme un bateau qui le porterait au
travers des Ténèbres vers la lumière. Thot est devenu l'Esprit Saint. Il était
le Créateur des langues, don du Christ aux apôtres un jour de Pentecôte.
Son livre, inconnaissable, est demeuré le secret de la déesse. Restait la
quête de ce livre.