Information et société en Occident à la fin du Moyen Age : actes du colloque international tenu à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université d'Ottawa, 9-11 mai 2002

Les communications rassemblées dans ce volume, qui
furent présentées au congrès international de Montréal-Ottawa
en mai 2002, montrent que l'histoire de l'information
au Moyen Âge est en pleine mutation. Il ne s'agit
plus seulement d'étudier la diffusion des nouvelles pour
mieux saisir les arcanes de la propagande ou de la
rumeur, et la formation d'une éventuelle opinion
publique, mais de comprendre comment les différents
pouvoirs, rois, princes, villes, communautés se sont
approprié l'information jusqu'à en faire une manifestation de leur
honneur. L'information prend alors son sens médiéval le plus strict
pour être vécue comme une enquête, une instruction aux exigences
techniques, bref comme une quête de la vérité. Son dévoilement est
soumis à un certain nombre de codes, qui lui confèrent une légitimité,
voire même une véritable sacralité. Aux rituels nécessaires participent,
aussi bien que les émetteurs et les récepteurs, les intermédiaires que
sont les messagers, les hérauts, les crieurs. Malgré sa fragilité, due aux
conditions matérielles auxquelles elle reste toujours soumise - temps
troublés, insuffisance des moyens mis en oeuvre, difficulté de contrôler
la «fausse nouvelle», qui engendre la méfiance -, l'information au
Moyen Âge contribue néanmoins à poser les fondements du lien social
et à transformer le simple individu en détenteur de «vraye science»,
selon l'idéal de prud'hommie généralisé depuis le XIII<sup>e</sup> siècle.