L'élargissement de l'Union européenne aux pays d'Europe centrale et orientale et aux îles du bassin méditerranéen : stratégie de pré-adhésion, intégration de l'acquis communautaire, impact sur la politique agricole et sur la cohésion économique et sociale

L'élargissement de l'Union européenne à huit Etats d'Europe
centrale ainsi qu'à deux îles méditerranéennes est incontestablement
un événement politique majeur. Afin de soutenir ces Etats à
opérer une mutation qui revêt une dimension tant politique,
qu'administrative et économique, les instances communautaires
ont érigé une stratégie spécifique de pré-adhésion reposant sur une
multitude d'instruments juridiques tout en veillant scrupuleusement
et constamment à pointer les insuffisances et souligner les efforts
devant être accomplis afin de rejoindre les quinze.
La pleine réussite d'une intégration d'aussi grande envergure
impliquait également une adaptation institutionnelle préalable qui a
été réalisée par le traité de Nice.
L'entrée de dix nouveaux pays aura inéluctablement des répercussions
considérables sur deux politiques de l'Union : la cohésion
économique et sociale ainsi que l'agriculture et le développement
rural. Concernant la première, il est patent que les modalités
d'intervention des instruments financiers de la cohésion devront
être revues dans la mesure où les disparités de développement
seront considérablement accrues à partir de 2004. Quant à la
reprise de l'acquis communautaire dans le secteur agricole et rural,
elle nécessite une profonde modernisation des structures existantes
et rend indispensable la création d'activités complémentaires
afin de promouvoir les zones rurales dont certaines sont en voie de
paupérisation.