Le sang des cerises. Abel et Blandine

Cette fois, dans le récit Le sang des cerises , l'auteur se
découvre en brossant une rétrospective où l'émotion côtoie la sensibilité
au fil des circonstances de la vie, sans renoncer à la pugnacité toujours
présente dans ses écrits.
La seconde partie Abel et Blandine se situe essentiellement
dans les années 60. C'est, au travers d'une vie écoulée (1944-1988) et
d'une forte histoire d'amour, la dénonciation du racisme, de
l'intolérance, de injustice et des compromissions «à tous les étages».
Cette triste réalité est croquée de façon saisissante.
Enfant de la Libération, Abel note dans son journal intime : «Ne
plus dire bonjour à certaines personnes, sans raisons valables, est le courage
et la fierté des aventuriers de la médiocrité et de l'ennui quotidien qui,
souvent, pimentent leur pauvre existence de mensonges énormes,
d'hypocrisie colossale et d'héroïques affaires de fric ou de fesses, quand ce
n'est pas les deux».
Et pourtant la conclusion magistrale s'impose : «Quand on ignore
la rancune on passe à côté de certains petits plaisirs» mais «l'amour est
plus fort que la mort».