Je vous parle de si loin

«C'était un quadrilatère parfait.»
Ainsi commence ce roman de l'adolescence. Ce quadrilatère figure
à la fois le pensionnat religieux où se trouve le narrateur et l'éducation
stricte qui le corsette.
Victime d'une famille éclatée, que lui reste-t-il, hormis soi-même ?
À cette situation d'abandon, il oppose, tout au long de cette «année
du bac», refus et défis.
«On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans», disait Rimbaud.
Sérieux ? Non. Mais grave ! Devant un monde qui se dérobe à lui et
qui le récuse, il va tenter l'impossible : inventer la vie, entre un
camarade pervers et un surveillant à l'âme haute.
Tour à tour Narcisse (par amour de soi) et Judas (par trahison de
soi), courant d'un rêve à une fille, se poursuivant de Villon à René
Char, de Virgile à saint Augustin en une quête incessante, ce qu'il
nous donne à voir, c'est le secret même de son être dans la juste
lumière du coeur.