Monnaies de bronze de Marseille : analyses, classement, politique monétaire

Comment identifier des monnaies usées ou oxydées comme celles du
trésor trouvé à Olbia en 1967 ? Comment résoudre l'énigme posée par les flans
(rondelles de métal destinées à être frappées) mis au jour dans les fouilles du
port antique de Marseille ?
L'absence ou la disparition des types et des différents qui servent à
distinguer les séries monétaires et les émissions rendaient impossibles leur
classement et leur datation par les méthodes traditionnelles. Il fallait interroger les
matériaux constitutifs de ces pièces extrêmement endommagées (composantes
principales et traces) et mesurer leurs caractéristiques (diamètre, poids,
épaisseur).
L'étude allait se révéler fructueuse... La comparaison des résultats avec
les données fournies par les pièces des grandes collections nationales (cabinet
des Médailles de la Bibliothèque nationale de France, musée des Antiquités
nationales de Saint-Germain, Marseille et Lyon) a ainsi permis de les replacer
dans l'émission ou le groupe auquel ces pièces appartenaient.
On constate combien à Marseille - et peut-être ailleurs - les modifications,
même mineures, de l'image monétaire étaient couplées à des modifications
physiques de la monnaie : diminution du poids, ajout de métaux de moindre
valeur, changement de l'origine du métal.
Les recherches conjuguées du physicien Jean-Noël Barrandon et de
l'historien Olivier Picard pour élucider les secrets de ces bronzes anonymes
expliquent donc certains épisodes de la politique monétaire de Marseille.