La révolution défaite : les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole

La révolution défaite : les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole

La révolution défaite : les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole
2014131 pagesISBN 9782954361031
Format: BrochéLangue : Français

La Révolution espagnole a porté, sur une brève durée, les espoirs révolutionnaires,

à un point jamais atteint jusque-là. «L'anarchisme a réellement

conduit, en 1936, une révolution sociale et l'ébauche la plus avancée qui

fut jamais d'un pouvoir prolétarien», notait Guy Debord. Pendant un

temps, ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler une guerre civile a été

une révolution transformant radicalement toute une société.

La défaite de la Révolution espagnole, son écrasement à la fois par les

nationalistes et les staliniens ferme le cycle ouvert par la Révolution

française. Les pratiques, les rêves, les utopies qui s'y étaient réunis cessent

d'exister ou doivent se recomposer sous d'autres formes.

Dans le déroulement même de la Révolution espagnole, Paris a joué le rôle

d'une base arrière. Paris s'est trouvé être tout à la fois le lieu de préparation,

de concentration des actions staliniennes, le lieu de la solidarité révolutionnaire

et le point de rassemblement de toutes les tendances politiques

qui faisaient de la Révolution espagnole l'enjeu vital de l'époque. C'est

essentiellement à Paris que se forment les mythes et les idéologies qui

façonnent encore l'imaginaire de la «Guerre civile».

L'observation des révolutionnaires parisiens permet une vision plus claire

de l'espoir suscité par cette révolution, mais aussi des dérives qui ont

provoqué son échec. Les révolutionnaires parisiens ne sont pas de meilleurs

révolutionnaires que leurs camarades espagnols, au contraire leurs formations

sont affaiblies et loin de la force d'une CNT. C'est de leur position

excentrée que leur vient leur rôle de gardien de l'utopie révolutionnaire.

Toute la mouvance radicale parisienne est secouée et traversée par ce qui se

passe de l'autre côté des Pyrénées. Tous ces groupements font face au

dilemme généré par le Komintern : révolution sociale ou combat antifasciste.

Ils perçoivent immédiatement que l'idéologie antifasciste recouvre et

écrase la révolution en cours.

Ces révolutionnaires sont de tous les combats et consacrent toutes leurs

énergies et, parfois, leurs vies à ce qui leur semble le dernier espoir de

révolution. Pierre Besnard, André Prudhommeaux, Michel Collinet,

Robert Louzon, David Rousset, Charles Ridel, Victor Serge, Benjamin

Peret, Nicolas Lazarevitch ou Simone Weil sont des noms parmi d'autres

de ceux qui informent, acheminent des armes ou combattent directement.

Les défaites successives contre les ennemis franquistes ou staliniens les

laissent désemparés, et tous doivent repenser leur rapport à la politique et

à la révolution.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)