Vénus Hottentote : Sarah Bartman

Qu'avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme
khoi d'Afrique du Sud, pour qu'au début du XIX<sup>e</sup> siècle, on
l'exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au
Muséum, devant les badauds d'Angleterre et de France ?
Il ne s'agissait pas seulement de l'attraction de ses
fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses,
prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs,
mais de particularités intimes qu'elle se refusa à dévoiler
jusqu'à sa mort. Alors seulement l'éminent Georges
Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après
prélèvements, et sans état d'âme, comme en témoigne
son rapport d'autopsie qui, pendant longtemps, ne choqua
personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier
extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain
: «Elle était stéatopyge jusqu'à la faute...»
C'est le destin terrible de cette femme, surnommée la
«Vénus Hottentote» et dont les «restes», presque deux
cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays
natal, l'Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans
un récit bouleversant.