L'empire des coachs : une nouvelle forme de contrôle social

«Il faudrait en France un coach pour 50 habitants !»
s'exclamait il y a quelques années le premier formateur de coachs
français. En réalité, cet appel était une prophétie : le coaching
s'étend aujourd'hui à tous les domaines de la vie quotidienne. On
le rencontre jusque dans les établissements de santé, où il
explique comment bien se comporter pour mieux se porter. Avec
ses recettes psychologiques et son jargon managérial, il touche
jusqu'au plus intime de nous-mêmes.
Nouvelle forme de contrôle social, le coaching nous apprend à
intérioriser les impératifs de performance et de compétitivité ; il
nous exhorte à augmenter notre rentabilité comportementale.
Dans ce miroir grossissant de la crise du lien social, nous ne
serions rien de plus que des micro-entreprises à gérer, des stocks
d'énergie humaine à exploiter...
Il est urgent de mettre un coup d'arrêt à l'emprise insidieuse de
ces «managers de l'âme» dont les pratiques, sous prétexte
d'épanouissement personnel, visent avant tout à normaliser les
sujets et à anéantir toute capacité d'esprit critique.