Philosophie, n° 58

La pensée de Peirce a été abordée en France, dans un
premier temps, essentiellement sous l'angle de la sémiotique.
Le texte ici traduit, extrait des Collected Papers ,
reflète l'ambition plus nettement spéculative et métaphysique
de son auteur : centré autour des «catégories» et,
plus particulièrement, de la «tiercéité», il constitue un
exposé de la philosophie peircienne, permettant de saisir
son rapport critique à Kant et à Hegel. Dans son étude en
forme de commentaire, Emmanuel Bourdieu étudie la spécificité
de cette «table peircienne des catégories».
En partant des travaux de Merleau-Ponty et de Patocka,
Philippe Merlier montre qu'une phénoménologie du langage
ne peut pas faire l'économie d'une analyse de «la
première parole», celle de l'enfant, ou d'une parole première
: celle de l'écrivain. C'est à partir de ces deux
modèles qu'il s'efforce de ressaisir et de comprendre de
manière concrète le langage à l'état naissant.
Danielle Montet, de son côté, aborde le problème des
ressources et des limites d'une interprétation phénoménologique
de Platon. Elle fait apparaître, dans les lectures de
Husserl et Heidegger, une oblitération de la dimension de
dialogue inhérente à la dialectique. A partir de ce constat,
elle souligne que la dialectique pourrait suggérer un déplacement
du projet phénoménologique rendu à sa dimension
dialogique, et ainsi, une autre manière de «dire les
phénomènes».
La dernière étude de ce numéro s'interroge, à partir de
Nietzsche, sur la possibilité - voire la nécessité - de quitter
l'horizon d'une pensée du sujet.