Survivre, etc...

Survivre, etc...

Survivre, etc...
Éditeur: Anatolia
2008301 pagesISBN 9782354060275
Format: BrochéLangue : Français

Mordecai Richler, comme nombre de ses personnages, a été

profondément marqué par les moeurs colorées et solidaires du

quartier de Montréal où il a grandi. Devenu écrivain, il a créé

un quartier imaginaire, décalqué de celui de son enfance.

Longtemps après les avoir quittées, Richler a continué à

respirer l'air de ces rues, à s'en souvenir sous tous ses angles,

à s'en remémorer tous les sons, toutes les odeurs. Puis, pendant

cinquante ans, il s'est employé à les recréer dans ses livres.

Une demi-douzaine de rues à l'ouest du boulevard Saint-Laurent,

dit «la Main», de la rue Saint-Viateur à la rue Laurier :

voilà le coeur du quartier ouvrier juif de Montréal, dans les

années cinquante et soixante. On y trouvait le delicatessen

Chez Wilensky, où un garçon précoce suscita un jour l'envie de

ses camarades en tirant de sa poche arrière un préservatif,

«car il en faut un, au cas où». Et le salon de coiffure de Jack et

Moe, où les hommes pouvaient suivre les matches de hockey

à la radio, ou parier quelques sous sur un cheval. Ou encore

l'arrière-salle du bar-tabac Schacter, où Richler père et ses amis

se retrouvaient bien souvent pour jouer au gin rummy.

Dans ces quelques rues, on trouvait de tout, des guides

spirituels (à la synagogue Jeune Israël, avenue du Parc) aux

tentations de la chair (le strip-tease complet de Lili St Cyr sur

«la Main»). Elles ont aussi donné naissance à des effrontés

comme Duddy Kravitz, des névrosés comme Joshua Shapiro,

des obsédés comme Jake Hersch, des soiffards comme Barney

Panofsky. Les personnages de Richler jaillissent de la page avec

une vigueur époustouflante.

On trouvera dans ce livre le meilleur de Richler, textes de

fiction ou non, enrichi de photographies tirées des archives

familiales. Le lecteur pénétrera ainsi au plus intime de cette

rue, qui a créé l'un des plus grands écrivains canadiens, lequel

le lui a bien rendu. Richler l'a dit lui-même : «Dussé-je vivre

longtemps en pays étranger, que je continuerais de me sentir

profondément enraciné rue Saint-Urbain, à Montréal. C'est là

qu'était mon époque, c'est là qu'était ma place, et je me suis

assigné la tâche d'en rendre compte.»

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