Feuilles de narcisse

Une jeune Egyptienne partie étudier en Irlande sombre
rapidement dans la "folie". Mais l'exil de l'héroïne est intérieur
autant que physique et son sentiment d'étrangeté
aussi vif ici que là-bas. Dès l'enfance, dans une famille
bourgeoise et feutrée, Kimi est hantée par la peur de ne
pas savoir se tenir dans les cadres du conte de fées que l'on
a soigneusement tracés pour elle. Avec le temps et la distance,
le fossé se creuse entre elle et son monde "familier",
entre les attentes de son entourage et ce qu'elle est devenue...
Quand elle finit par rentrer chez elle, sa mère, lointaine,
comme retranchée derrière une paroi de verre,
refuse de voir la dérive cauchemardesque de sa fille. Seule
Amna, la nourrice que l'on dit "stupide" et "têtue comme
une mule", a gardé un lien d'intimité avec elle. Analphabète,
elle lui tend la clef d'une autre mythologie, orale
et populaire, qu'elle fait résonner avec les mythes grecs et
la littérature irlandaise, britannique ou autres, dont elle est
pétrie.
Le roman s'ouvre et se termine par l'expression "peut-être",
qui ponctue aussi le fil éclaté de la narration : une
multitude de points de vue, de séquences et de flash-back
disloqués qui s'entrecroisent, comme autant de fragments
de feuilles écrites, déchirées, récrites...