Jésus-Christ d'après Mahomet ou Les notions et les doctrines musulmanes sur le christianisme

Il est d'un haut intérêt pour l'histoire de l'Église, et-même
pour l'histoire religieuse de l'humanité, de savoir
quelle idée le dernier venu des fondateurs de religion se
faisait de la grande religion qui était apparue six siècles
avant lui dans le monde, quelle idée se faisait Mahomet
du Christianisme et de Jésus-Christ.
Ses confusions et ses erreurs comme ses affirmations
sont à la fois le résultat et le document du long travail
obscur des sectes chrétiennes orientales en dehors
même des frontières officielles du monde chrétien.
En même temps, l'adaptation assez systématique, malgré
de nombreuses hésitations et contradictions de détail,
de ces notions chrétiennes aux besoins et à la
politique d'une religion nouvelle, présente un phénomène
curieux pour l'histoire comparée des religions et
pour l'étude psychologique du sentiment religieux et de
la sincérité religieuse.
Nous ne croyons pas que la sincérité de Mahomet, violemment
attaquée par le Moyen Âge chrétien et par le
XII<sup>e</sup> siècle, découverte avec joie par le XIII<sup>e</sup> siècle à son
aurore et habituellement soutenue depuis, vivement
suspectée de nouveau par les auteurs les plus récents
et les plus compétents, nous ne croyons pas, disons-nous,
que la sincérité de Mahomet sorte intacte de certaines
parties de cette étude.