La lune est à couvert des loups : contes ruraux de Savoie

En quinze saynètes, Paul Vincent
trousse un portrait alerte et chaleureux
de la vie au village dans
la Savoie des champs et des alpages,
au bon vieux temps de ses
aïeuls, et fixe la mémoire d'un petit
peuple dur à la peine et gourmand
de la vie.
Dans des bourgades qui ont toutes
un air de famille, avec leurs toits
blottis au pied du clocher, les broderies
des prés et des champs, les
parfums de leurs étés et les coups
de gueule de l'hiver, défilent le
boulanger, le maréchal-ferrant, le
paysan ou le facteur... autour des
figures omniprésentes et bonhommes
du maire et du curé. A chacun
ses outils, ses usages, les mots et
les astuces de son métier.
Dans toutes ces histoires éclate
l'appétit de vivre ; c'est l'ardeur au
travail, le goût des plaisirs simples
: le soleil sur un bras nu, le
verre de vin partagé..., c'est la
bonne amitié et les amours vaillantes
entre les filles aux lèvres rouges
autant que leurs corsages et les
gars à la fois audacieux et timides.
La nature s'anime comme une
jeune femme maternelle et féconde.
Paul Vincent puise aux
sources de cette vitalité universelle
l'originalité d'une poésie née de
son naturel, et un équilibre instinctif
entre force et naïveté.
Mais ce «chant du monde» a la saveur
poignante des fêtes éphémères :
la vieillesse guette avec son hiver
de solitude, de rancunes et de regrets,
et les villages se meurent
d'abandon quand prospèrent les
cités modernes.