Pas ce soir, Joséphine

« Là, tout de suite, je voudrais redescendre du paradis et intégrer le
monde de l'infiniment petit. Celui des
montres à complication par exemple,
où les guichets, d'accès direct et
facile, cachent les autres fonctions
à l'intérieur du mécanisme. Tout ce
que j'aurais à faire serait de surveiller
la réserve de marche et de faire confiance au tourbillon, cette merveille de technologie. L'harmonie venant de la symétrie, je serais ce
bijou infime et précieux qui, dans les vitrines, affiche pour l'éternité
le sourire de 10 heures 10. »
Ainsi médite Norman, l'acteur fatigué des seconds rôles, si étranger
à son propre reflet dans la glace qu'il s'étonnera de son succès
soudain.
Qui ne se reconnaîtra pas dans ce portrait complexe, tour à tour
désenchanté et loufoque, de l'homme automate, et cependant
lucide, en perpétuelle attente de l'instant unique ? Entre scènes
de tournage désopilantes, incurables caprices de stars, fiascos des
aventures amoureuses et révolte adolescente, on goûtera l'envers
bien frappé de notre incontournable société du spectacle.