Le moi et ses modèles : genèse et transtextualités

«Tout texte est un intertexte», affirmait R. Barthes. Mais comment
se tissent, au cours de sa fabrication, les relations d'un
texte donné avec d'autres textes, notamment lorsqu'il s'agit
d'écrits autobiographiques ? Sur quels documents, quels livres,
quelles archives les auteurs se sont-ils appuyés pour construire
une représentation d'eux-mêmes ? Et sur quels modes les différents
textes se sont-ils échangés, entrelacés pour créer un nouveau
texte ? C'est pour répondre à la polysémie du concept de
«transtextualité» (G. Genette) qu'est ici analysée la part des
emprunts dans l'élaboration d'un discours sur soi : au fil des lectures
(Raymond Queneau, Philippe Soupault, Marie-Claire
Blais) ; au travers du dialogue de deux personnalités (Paul
Valéry/Catherine Pozzi ; André Gide/Madeleine Rondeaux ;
Ingeborg Bachmann/Paul Celan) ; sous forme de palimpseste
(Dominique Arban, Jacques Roubaud) ; ou encore à partir
d'une multiplicité de sources (Roland Barthes, Georges Perec,
Julio Cortázar, Christiane Rochefort).