Aspect et temps en japonais

Aspect et temps en japonais

Aspect et temps en japonais
Éditeur: Ophrys
2005304 pagesISBN 9782708011281
Format: BrochéLangue : Français

Partons du fait qu'une langue est un système de représentation d'un monde à la fois extérieur

à elle-même puisqu'elle le représente, mais dont elle fait aussi partie intégrante (actes de

langage, métalangue, etc.). Elle permet de rendre compte de ce monde (monde réel, non-fictif) ou

de le créer (mondes fictif, imaginaire, hypothétique), la première activité pouvant être ramenée à

la seconde au sens d'une re-création dans la langue. Qu'il soit fictif ou non, c'est un monde en

évolution (il s'y produit des événements, les choses changent), fondé donc sur un dynamisme.

S'interroger sur l'aspect et le temps, c'est s'interroger sur ce dynamisme. La terminologie

généralement utilisée en linguistique pour parler de l'aspect («déroulement», «état résultant»

par opposition à «état pur») témoigne d'une tentative de saisir cette évolution. En revanche, la

majorité des études linguistiques traitant du temps en donnent, étrangement, une représentation

toute statique : position de l'événement par rapport au temps d'énonciation (passé, présent,

futur), situation de deux événements entre eux (antériorité, simultanéité, postériorité). Doit-on en

conclure qu'une langue n'a pas les moyens d'exprimer le dynamisme temporel ? Ou au contraire

qu'elle est un moyen de stabiliser l'instable ? Ou bien encore que ce sont les théories

linguistiques qui sont impuissantes à rendre compte du dynamisme propre au langage ?

C'est sur les procédés linguistiques mis en oeuvre par une langue particulière, en l'occurrence

le japonais, pour traiter le dynamisme, que s'interroge cette étude. Pourquoi des valeurs

aspectuelles qui nous paraissent antithétiques comme le non-accompli (progressif) et l'état

résultant peuvent-elles apparaître sous un même marqueur te iru en japonais ? Pourquoi un

marqueur ( ta ) censé exprimer le passé ou l'accompli peut-il apparaître dans des expressions

comme Chotto matta ! (Attends un peu !) plus proches d'un impératif ?

En partant de l'aspect qui est, d'un point de vue morpho-syntaxique, plus facilement repérable

en japonais, l'auteur analyse un ensemble de formes ou de marqueurs et les valeurs de sens

qu'elles permettent de construire en s'attachant à reconnaître des droits égaux à tous les

énoncés, autrement dit à refuser la notion d'exception. Ceci fait apparaître un système morpho-syntaxique

qui n'est sûrement pas construit sur la base d'une distinction entre les catégories de

temps, aspect et modalité et permet, dans la mise au jour des opérations dont les marqueurs sont

la trace, de comprendre comment se construit la notion du temps dans et à travers la langue

japonaise.

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