Harraga

Harraga, «ceux qui brûlent», c'est le mot qui désigne au Maroc,
ceux qui mettent le feu à leurs papiers avant d'entreprendre le grand-voyage.
Khaled, un jeune garçon de café du Café de Paris à Tanger,
rêve de s'exiler dans des pays où la vie est plus facile. Il part dans
cette quête, guidé par un ami installé à Grenade, son périple l'amène
à naviguer dans des courants d'eaux troubles qu'il ne pourra jamais
remonter. Entre des allers retours d'une rive à l'autre, trafic de drogues
et d'êtres humains, le talent d'un écrivain se révèle en même temps
que la radiographie impitoyable des réseaux corrompus et mafieux
dans les deux pays du Détroit de Gibraltar.
Écrit pour donner la vision de l'émigrant, le roman veut montrer
le visage humain de tous ceux qui prennent la terrible décision
individuelle, face à l'indifférence globalisée et intéressée du discours
officiel, de s'exiler. Mais il y a aussi dans ce livre une étude de
moeurs subtile et réaliste qui présente la situation des femmes dans la
société marocaine avec l'évocation des mouvements d'émancipation
qu'elles amorcent pour y tenir leur rôle dans la société. Si la narration
s'apparente au roman noir la liberté de composition place ce roman
en dehors de toute convention.