La vie d'autrefois dans les Côtes-d'Armor

Fierté, mais aussi courage, voilà deux termes qui caractérisaient
parfaitement le Breton des Côtes-du-Nord d'autrefois. Dieu sait s'il fallait
du courage au paysan pour récolter, dans une terre où, entre landes et
granit, ne poussaient vraiment que le seigle et le sarrasin, de quoi nourrir
sa nombreuse famille. Et que dire du marin qui abandonnait pendant six
mois sa «Paimpolaise» pour aller pêcher la morue sur les côtes de la
lointaine Islande ?
Quand, en 1863-1865, le train de Paris à Brest traversa le département,
des dizaines de milliers de «bouches», que l'on ne pouvait plus nourrir,
se retrouvèrent sur les quais de la gare Montparnasse. Ce fut le début
d'un exode rural catastrophique. Cependant, dans le même temps, les
premiers «touristes» prirent ce même train pour venir profiter, sur des
plages désertes, des bienfaits de l'air marin et des bains de mer.