Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes

Julien Campredon est une légende et si vous demandiez
à tous les éditeurs, ils seraient unanimes : il n'existe pas.
Ou alors, s'il existe, il est insupportable et tout à fait du
genre à vous proposer sans sourciller : un orateur capable
de tuer d'ennui un mauvais auditoire ; un musée sous
alarme assailli par des hordes de punks et défendu à
la mitraillette ; la romance intime et violente d'un chasseur
de plumes de paon et d'une énigmatique étrangère triste,
et des vendanges décadentes sur fond de the Clash.
Pourtant, ne vous y trompez pas, Julien Campredon est
aussi, à sa manière bien particulière, un excellent fabuliste.
La réalité entre ses doigts glisse régulièrement vers le conte
et le merveilleux. Mais attention, pas de gentilles fées ou
d'elfes souriants chez lui. Les sirènes sont séduisantes parce
qu'en fin de compte elles sont à demi-nues, les vieux saules
à la Tolkien n'aiment pas du tout qu'on leur pisse dessus,
et s'il est question de divination, ce n'est pas dans les boules
de cristal ou les marcs de café, mais bien dans les lignes
moites des culottes des filles.