La croisade des enfants : Jean Duns Scot & François Villon

La croisade des enfants : Jean Duns Scot & François Villon

La croisade des enfants : Jean Duns Scot & François Villon
2016234 pagesISBN 9782919318353
Format: BrochéLangue : Français

La pensée n'est pas seulement discursive, malgré les apparences, ni seulement

programmatique. Elle est aussi digressive, vicinale. Digressive, c'est-à-dire

qu'étymologiquement parlant, elle s'écarte de son propre chemin. C'est sa

façon pour elle d'explorer l'inconnu.

Pourquoi suis-je ceci plutôt que cela ? se demandent Jean Duns Scot et

François Villon. C'est aussi la question que posent les enfants. Ils entrent

en croisade pour obtenir une réponse qui ne viendra jamais. C'est aussi la

question du processus d'individuation.

C'est un problème de fond : il faut distinguer les concepts de différence et

d' altérité et montrer que, bien qu'habituellement nous les confondions, ils

s'excluent. Dans la théologie scotiste, Dieu est la différence en soi , absolue,

infinie, originelle. Cette différence ne suppose donc aucune altérité puisque

ce Dieu ne saurait être autre que ce qu'il est. Mais dans la poésie, qui

accompagne et dédouble la théologie au fil du temps, il en va justement tout

autrement : l'altérité poétique, notamment chez Villon, exclut la différence

théologique scotiste.

Le processus d'individuation, à travers les aléas de la différence et de

l'altérité , a été médité au XIII<sup>e</sup> siècle par un théologien et philosophe

écossais, Jean Duns Scot. Il a été mis à l'épreuve de la poésie par François

Villon deux siècles plus tard. Ainsi se brode, dans ses grandes lignes, notre

motif. Au centre de ce motif nous retrouvons très souvent la figure d'Aristote

et l'extraordinaire idée du syllogisme qui la hante.

De cette confrontation entre le théologien et le poète surgit la tension

productive entre deux visions du monde ; l'une théiste, l'autre athée, l'une

et l'autre sporadiquement entrelacées. Comme les deux visions se disent

d'une création ex nihilo , il était inévitable qu'elles fussent au nouage d'une

réflexion sur la complicité nihiliste entre la théologie et la poésie.

Depuis cette complicité, il nous reviendrait peut-être aujourd'hui, comme

épreuve cruciale, à penser un monde sans Dieu et sans la pseudo idée du Néant.

Derniers ouvrages parus : « Nerval ou la mort d'Andros », « Deleuze, Derrida, du

danger de penser », « Nietzsche, de l'humour à l'éternel retour », aux éditions

de La Différence. « Lucrèce, de l'altérité ou la mort immortelle », aux éditions

Clinamen, à Genève &amp; « De la partialité - Traité sur la perception littéraire »,

aux éditions du Littéraire.

Accompagné d'un dessin original de Marc Ferroud.

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