Des bleus dans les yeux

Et si le bourreau de l'équipe de France de football
au match retour des éliminatoires du Mondial 1994,
Emil Kostadinov, n'avait pas joué la partie ?
Et si les Bleus de Cantona, Ginola, Papin s'étaient
qualifiés et avaient disputé la compétition aux
États-Unis, les Bleus de Zidane, Henry, Deschamps
et Thuram auraient-ils soulevé quatre ans plus
tard la Coupe du monde ? Hypothèse crédible :
Kostadinov n'avait pas ses papiers en règle.
Des bleus dans les yeux ne se cantonne pas au simple
fait sportif mais retrace, par l'exemple, l'effet
papillon de cette défaite inaugurale. Si la France
"Black-Blanc-Beur" ne remporte pas le titre
en 1998, Jacques Chirac, devenu mascotte des Bleus,
se serait-il retrouvé face à Jean-Marie Le Pen au
second tour de l'élection présidentielle ? L'illusion
d'une mixité fêtée n'a-t-elle pas masqué à l'époque
la lente et certaine progression du racisme qui
mène quatre ans plus tard au choc du 21 avril ?
Et si Lionel Jospin avait été élu, quelle alternance
par la suite ? Et si Éric Cantona prenait les rênes
de la sélection ? Et si Yoann Gourcuff, délesté
du lourd héritage de Zinedine Zidane, devenait
le maestro français qui, en finale face au Brésil en
2014 au Maracanã, marquait deux buts de la tête ?
Et si, et si ?