Inhumations de prestige ou prestige de l'inhumation ? : expressions du pouvoir dans l'au-delà (IVe-XVe siècle)

À l'occasion de son cinquantenaire, le Centre Michel de Boüard (CRAHM
devenu CRAHAM) a organisé en 2007 et 2008 une série de cinq tables
rondes portant sur ses principaux axes de recherche. Cet ouvrage est le
résultat de la première d'entre elles.
Le souci d'honorer la mémoire d'un individu ou d'un groupe a amené les
populations médiévales à tenter de rendre certaines tombes exceptionnelles
: préparation du corps, mise en scène ritualisée des funérailles, emplacement
privilégié dans un lieu remarquable, dépôts de riches objets dans une
sépulture à l'architecture soignée, etc. L'attention portée à la célébration de
leur mémoire n'interdit pas de s'interroger aujourd'hui sur le lieu où ont été
inhumés certains défunts célèbres ou sur la nature de certaines sépultures.
Les recherches récentes répondent à des questions inattendues : au-delà de
l'âge et du sexe, les squelettes disent les conditions de vie, les activités pratiquées
par le défunt. Quelle image la dalle funéraire entend-elle donner du
mort qu'elle évoque, ou des proches de ce dernier ? Les femmes, notamment
les princesses, ont-elles un rôle à part ?
Les études présentées ici répondent à ces questionnements multiples, à l'aide
d'exemples variés. Des grandes nécropoles aux sépultures individuelles, on
s'interroge sur la dernière demeure de personnages aussi prestigieux que la reine
Arégonde, Charlemagne, les abbés Mayeul et Odilon de Cluny, Agnès Sorel,
Louis XI, mais aussi sur celles de puissants «chefs» guerriers inhumés à proximité
de leur cheval (censé les conduire dans l'autre monde ?)... Sorte de fil rouge de
cet ouvrage, les relations qu'entretiennent les vivants avec leurs morts sont une
donnée essentielle de la distinction et de la construction des élites.