Le roman

«Le critique qui, après Manon Lescaut,
Paul et Virginie, Don Quichotte, Les Liaisons
dangereuses, Werther, Les Affinités électives,
Clarisse Harlowe, Émile, Candide [...],
Notre-Dame de Paris, Salammbô, Madame
Bovary, M. de Camors, L'Assommoir, Sapho ,
etc., ose encore écrire : "Ceci est un
roman, et cela n'en est pas un", me
paraît doué d'une perspicacité qui ressemble fort à
de l'incompétence» (Maupassant).
Rebelle à toute définition, dénoncé et déprécié pendant
des siècles, le roman domine aujourd'hui le champ
littéraire. À quoi tient son incomparable pouvoir ?
Pourquoi aimons-nous tant croire aux histoires, même
invraisemblables, que les romanciers nous racontent ?
Quel savoir, quelle expérience et quel plaisir particulier
la lecture des romans nous procure-t-elle ? Qu'il soit
réaliste ou fantastique, d'amour ou d'aventures, le
roman, plus qu'aucun autre genre, satisfait un besoin
archaïque de l'homme : celui de rêver et, par là, de
sublimer son existence.