Le grand refoulement : stop à la démission démocratique

La France vit aujourd'hui dans la passion, et a oublié la raison.
Elle est devenue le seul pays où l'on refuse de nommer les
problèmes avant de pouvoir commencer à les régler : dénoncer
l'illettrisme chez les salariés, c'est les traiter d'incultes ;
vouloir réformer l'indemnisation des chômeurs, c'est les faire
passer pour des fainéants ; considérer le bac pour ce qu'il
est, c'est-à-dire un gouffre financier inutile, c'est remettre en
cause un rite... Et les Français sont responsables : ils élisent
des dirigeants qui leur donnent ce qu'ils veulent entendre ! La
droite utilise la peur, la gauche la jalousie.
Aujourd'hui, nous devons faire un choix. Oui, on peut revenir
au plein-emploi. Oui, on peut réformer l'école et l'université
dans le sens de l'excellence. À condition de soigner notre
refoulement. Rien ne nous empêche de le faire, sauf notre
incapacité à penser notre avenir.
Si elle renoue avec sa véritable tradition qui est celle du
débat rationnel, la France redeviendra le pays de la prospérité
et du plaisir de vivre.