L'incendie du tunnel du Mont-Blanc : chronique d'une catastrophe annoncée

Il y eut d'abord le drame, le 24 mars 1999. Un camion
prit feu au milieu du tunnel du Mont-Blanc, vieux de plus de trente
ans. Bilan, trente-neuf morts, et autant de familles brisées.
Puis il y eut le procès. Avec les hauts fonctionnaires qui se dérobent
sous les yeux incrédules des pères, mères, frères et soeurs des
victimes.
Il y eut enfin l'État français qui décréta des mesures pour rénover
nos tunnels routiers, qui vota des budgets (pas souvent libérés), et
qui céda la gestion des tunnels les plus anciens au profit des collectivités
locales bien embarrassées.
Mais qu'en est-il dix ans après ? A peine 40 % des budgets
votés ont été à ce jour utilisés !!! Aussi, plus d'une quarantaine de
tunnels sont aujourd'hui clairement classés dangereux... et non
des moindres ! Celui qui passe sous La Défense, celui du Fréjus,
ou encore, en plein Paris, ceux des Tuileries et des Halles.
« Le Tunnel routier constituera toujours un espace particulier
de circulation dans lequel le risque zéro ne peut exister», reconnaît
avec une résignation lucide André Denis, Président de
l'Association des Familles de Victimes du Mont-Blanc.
Raison de plus pour que les pouvoirs publics mettent aux normes
les quarante-deux tunnels encore dangereux recensés dans ce livre !