Sciences du vivant et représentations en Europe (XVIIIe-XXe siècles) : transferts culturels, ordonnancements des savoirs et visions des mondes

En ce début de XXI<sup>e</sup> siècle, la biologie, de nouveau science
pilote, nourrit une intense réflexion éthique, tout comme
au XIX<sup>e</sup> siècle où l'approche matérialiste des savants
européens finit par ébranler le statut herméneutique de
la métaphysique dans les disciplines les plus diverses : anthropologie,
histoire naturelle, philosophie naturaliste, biologie
et médecine.
Agencé dans une visée explicative, le propos part de
la situation floue du «savant» dans l'émergence problématique
d'une communauté disciplinaire, pour explorer
la complexité de la circulation des idées dans les différentes
théories du vivant. C'est dans ce cadre que se restructurent
les disciplines et les taxinomies, avec une frénésie de collationnement
des données préthéoriques et de l'affinement
taxinomique.
Contribution aux études de transferts culturels, le présent
volume éclaire la genèse et la réception des sciences du
vivant du XVIII<sup>e</sup> au XX<sup>e</sup> siècle en Europe. Il met au jour comment
d'une théorie à l'autre, d'une discipline à l'autre, d'un lieu institutionnel
à l'autre, les voies pavées de trop bons sentiments
de l'activité scientifique ont servi à véhiculer le meilleur et
parfois le pire des savoirs, idéologies et utopies.