Feinte baroque : iconographie et esthétique de la variété au XVIIe siècle

Cette étude d'histoire de l'art est l'une des premières à envisager le décor de théâtre non seulement
comme support d'une action dramatique mais aussi comme une image artistique dans
un espace. Elle s'appuie pour cela sur un corpus peu connu : les esquisses de décors du
Mémoire de Laurent Mahelot , réalisées pour le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, qui regroupent
notamment 47 dessins réattribués à l'artiste scénographe Georges Buffequin, peintre du Roi
au service de Richelieu. Ces lavis offrent un témoignage précieux de l'esthétique baroque française
des années 1630-1640 et de l'influence particulière du théâtre italien.
Ces images de «feintes» (pour reprendre le terme employé au XVII<sup>e</sup> siècle), sont rapprochées
et mises en parallèle avec la première grande controverse de cette période : celle
de la Querelle du Cid autour de la règle des trois unités qui opposa les partisans de l'écriture
«régulière» aux «irréguliers». Cette controverse, irriguée par les réflexions des
humanistes italiens du XVI<sup>e</sup> siècle, compose le débat théorique fondamental qui anime la
pensée artistique française pendant les années du règne de Richelieu, puis une bonne partie
du XVII<sup>e</sup> siècle. La publication dans cet ouvrage du Discours à Cliton sur les Observations
du Cid , servira de base à l'étude de l'esthétique de la variété, qui apparaît aux yeux de la critique
d'aujourd'hui comme étant constitutive du baroque, et à laquelle, vers 1630, vont
s'opposer avec une certaine force, les partisans de la poétique composée dans les règles
aristotéliciennes de l'art, ceux que l'on qualifiera de «classiques».