Sur mes traces : mémoires

Parti sur les traces de sa propre vie, à
partir de cet espace de déterritorialisation
qu'est la Bucovine, Rezzori part
immanquablement sur les traces d'une
Europe qui ne cesse de se recomposer.
Comme une photographie plongée dans
le bain du révélateur, les images de ces
époques s'éclaircissent au fur et à mesure
de l'évocation, se reconstituent en trame
pour former l'histoire d'un destin mouvementé
et irréversible
Ni fresque, ni autobiographie, cette
oeuvre en perpétuel mouvement, écrite
d'une plume alerte et jubilatoire, impertinente,
rend de façon précise cet univers
ambigu où le sentiment d'isolement, les
déchirements identitaires, la quête d'un
salvateur reniement se conjuguent de
telle sorte que Claudio Magris range
Rezzori parmi les grands noms de la littérature
«autrichienne», au côté de
Musil et de Doderer. On pourrait y ajouter
Joseph Roth et Elias Canetti.