La philosophie de la sensation de Maurice Pradines : espace et genèse de l'esprit

La philosophie de la sensation de Maurice Pradines : espace et genèse de l'esprit

La philosophie de la sensation de Maurice Pradines : espace et genèse de l'esprit
Éditeur: G. Olms
2003198 pagesISBN 9783487118208
Format: BrochéLangue : Français

Retraçant son itinéraire philosophique dans Beau Voyage , quelques mois

avant sa mort, Maurice Pradines (1874-1958) résume sa philosophie de la

sensation par cet adage : « Nihil est in sensu quod non prius fuerit in intellectu ».

Pour l'auteur de la Philosophie de la sensation , la sensation est, en

effet, originairement intelligente : elle n'a de légitimité biologique qu'en

tant qu'elle donne quelque chose à comprendre. Renvoyant dos-à-dos le

sensualisme (qui construit l'intelligence sur une sensation dénuée d'esprit)

et le rationalisme (qui prétend trouver l'esprit dans une raison transcendante),

Pradines inscrit l'intentionnalité au coeur de la physiologie de la

sensation. Percevoir, pour un vivant, c'est d'abord percevoir quelque chose

qui intéresse la vie, à savoir un danger à écarter ou un objet à conquérir.

Aussi n'est-il guère surprenant que le sens ultime de la sensation soit

l'espace : elle est le signe d'une distance à déployer ou, au contraire, à réduire.

Les phénomènes psychiques ne peuvent être des données immédiates

puisqu'ils font sens dans la stricte mesure où l'espace les élabore en même

temps qu'il se construit. Les fondements d'une psychologie conséquente

peuvent, dès lors, être posés. Elle consistera à saisir la genèse de l'esprit à

partir du sens biologique de la sensation, c'est-à-dire d'une spatialité pensée

elle-même comme « genèse première ».

Als Maurice Pradines (1874-1958) einige Monate vor seinem Tod seinen

philosophischen Werdegang in Beau voyage nachzeichnet, fasst er seine

Philosophie der Empfindung in der folgenden Formel zusammen : Nihil est

in sensu quod non prius fuerit in intellectu. Für den Verfasser der Philosophie

de la sensation ist die Empfindung in der Tat ursprünglich geistig : sie

hat biologische Legitimität nur in dem Masse wie sie etwas gibt, das man

verstehen kann. Indem er sowohl den Sensualismus (der das Verstehen auf

eine geistlose Empfindung aufbaut) als auch den Rationalismus (der den

Geist in einer transzendenten Vernunft zu finden vorgibt) ablehnt, stellt

Pradines die Intentionalität in das Zentrum der Physiologie der Empfindung.

Für ein lebendiges Wesen bedeutet "wahrnehmen" zunächst : etwas wahrnehmen,

was das Leben angeht, etwa eine Gefahr abwehren oder einen

Gegenstand erobern. Darum ist es auch kaum verwunderlich, dass der letzte

Sinn der Empfindung der Raum ist : sie ist das Zeichen einer Distanz, die es

zu entfalten oder aber zu vermindern gilt. Die seelischen Phänomene können

keine unmittelbaren Gegebenheiten sein, da sie nur in dem Masse einen

Sinn ergeben, wie der Raum sie erarbeitet indem er sich selber konstruiert.

Auf diese Weise können die Grundlagen einer konsequenten Psychologie

gelegt werden. Diese besteht darin, die Genesis des Geistes im Ausgang von

der biologischen Bedeutung der Empfindung zu begreifen, d.h. von einer

Raumhaftigkeit her, die selber als "erste Genesis" gedacht wird.

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