Les hommes et les dieux dans l'ancien roman : actes du colloque de Tours, 22-24 octobre 2009

Dans la littérature antique qui s'apparente au genre romanesque et dans les oeuvres plus
proprement romanesques qui la prolongent aux époques byzantine puis moderne, la
relation des hommes aux dieux occupe nécessairement une place importante : les héros
de ces oeuvres appartiennent à des sociétés qui étaient fortement religieuses, vivaient
naturellement dans la familiarité du divin et des cultes qui lui étaient liés ; quant aux
auteurs de ces oeuvres, et aux lecteurs auxquels ils s'adressaient, leur mentalité et leurs
catégories intellectuelles étaient tout imprégnées du religieux, que l'on prenne le mot au
sens fort de croyance ou dans le sens plus large de culture commune partagée.
Ce sont ces liens entre les hommes et les dieux que le V<sup>e</sup> colloque sur la littérature
romanesque antique et ses prolongements, organisé à Tours en octobre 2009, s'était
fixé comme thème d'étude, sur un corpus assez large puisqu'il a conduit de l'époque
hellénistique (avec Évhémère) jusqu'au XIX<sup>e</sup> siècle (avec les romans grecs de M. Perdikaris,
P. Soutsos, A. Papadiamantis ou E. Rhoïdis), en passant par les époques impériale (avec les
Métamorphoses d'Apulée ou les cinq «grands» romans grecs antiques de Longus, Chariton,
Achille Tatius, Xénophon d'Éphèse ou Héliodore) et byzantine (avec Rhodanthe et Dosiclès
de Prodrome, Drosilla et Chariclès d'Eugénianos, Hysminé et Hysminias de Macrembolite,
Aristandre et Kallithéa de Manassès), sans oublier des textes d'inspiration chrétienne ou
juive (les Actes d'André ou Joseph et Aséneth ).
Si les rapports entre les dieux et les hommes ont le plus souvent été compris et étudiés,
lors de ce colloque, comme une forme ou une métaphore de la relation entre l'auteur et le
lecteur, si l'on s'est attaché à faire ressortir le rôle structurant de la religion ou des divinités
dans la matière romanesque ou à mettre en lumière la fonction métalittéraire parfois
allouée par les auteurs à la religion ou à ses représentants, une approche plus classique,
voire historique, a également été adoptée lorsque ont été scrutés le message spirituel ou
philosophique de l'oeuvre considérée, et ses éventuelles relations avec des problèmes
contemporains de sa rédaction. Deux principaux angles d'approche ont ainsi été adoptés :
le religieux en tant que matériau utilisé pour l'écriture du roman ou comme mode, voire
comme «potentialité d'écriture» (c'est le titre de la première partie de cet ouvrage) ; et le
religieux en tant qu'objet du discours ou fondement de l'univers romanesque, autrement
dit le «fonds religieux» (c'est le titre de la seconde partie).