La guerre autour du Pont-Saint-Esprit

En tête de ce chapitre, ajouté à l'introduction de l'histoire de
Pont-St-Esprit ce mot «la guerre» paraîtra sinon étrange,
au moins exagéré. Nous avons hâte de le dire : sous notre
plume l'expression n'évoque pas le génie des grandes batailles ;
elle veut rappeler seulement, dans une monographie à laquelle
toutes nos institutions locales apporteront des renseignements,
les faits militaires accomplis aux abords ou au dedans de
la petite place forte que, dès les premiers Valois, on appela
«l'une des clefs du Languedoc.» Ce n'est point à raison de la
solidité de ses murailles qu'elle reçut ce surnom, mais bien à cause
d'une position stratégique enviée par tous les belligérants, dans
la vallée du Rhône.
Aussi, depuis le passage d'Hannon et de ses Numides jusqu'à
la retraite du duc d'Angoulême, combien d'hommes armés
s'arrêtent au carrefour de nos vieux chemins, essayant la résistance
ou l'attaque sur la falaise que baigne le grand fleuve au
dessous du confluent de l'Ardèche !