Réflexions et aphorismes

«Le matérialisme n'est qu'un postulat contemporain sur lequel nous nous
fondons comme s'il était une vérité absolue. Le malheur est que ce postulat soit
devenu une habitude de pensée (Pascal avait bien raison de dire que «L'habitude
est une seconde nature» ), une habitude et une obligation de pensée.
Des différents intégrismes, en apparence antagonistes (en apparence seulement),
mais qu'animent en réalité fanatisme et besoin de pouvoir qui conduisent à une
véritable destruction de l'espèce humaine.
Car en réalité où ce nihilisme nous a-t-il menés ? A la perte des valeurs
humanistes les plus fondamentales. Et c'est bien ce que nous voyons aujourd'hui
avec la banalisation du crime, la pornographie ambiante, l'irrespect absolu des
uns pour les autres et le mépris affiché avec lequel on traite désormais, et entre
autres, ce que l'homme a considéré de tous temps comme sacré : les arts, la
littérature et la pensée. Puisque « Dieu est mort », disent-ils, nous ne sommes plus
à l'avenir qu'un bout de chair sans âme que l'on peut traiter à sa guise. C'est cela
dont on veut nous persuader pour mieux nous asservir. La loi de la jungle refait
aujourd'hui surface, anéantissant à grande vitesse toute trace de ce que l'on
nommait naguère encore la «civilisation» et qui n'était somme toute qu'une
conquête lente et laborieuse de siècles et de siècles. Une conquête fondamentale.
Avoir (avec décence) pour agir positivement dans le monde, c'est bien, mais il faut
aussi revenir aux valeurs de l'Etre et ne pas se tromper de combat.
De la mécanique cérébrale. Quand l'être humain cessera-t-il de s'identifier aux
modes de pensée ambiants ? Quand apprendra-t-il à penser et à sentir par lui-même
? Quand sera-t-il enfin l'Homme ?»