Incriminer et protéger

Ce onzième volume des Essais de philosophie pénale et de criminologie rassemble les
derniers travaux menés dans le cadre de l' Institut de Criminologie et de droit pénal de Paris
(Université Panthéon-Assas, Paris II). Ce sont les interventions aux journées d'études sur
la récidive et les prises d'otage qui en forment le socle. Ainsi, universitaires et praticiens,
juristes et psychiatres, se sont-ils réunis pour étudier, ensemble, à travers deux thèmes
a priori distincts, l'articulation de l'incrimination et de la protection.
Pas de peine sans incrimination : tel est le principe de légalité des infractions et des peines
proclamé par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Il revient donc au
législateur de déterminer ce qu'il convient de poursuivre et de punir. Dans ce cadre, il n'est
pas douteux que l'une des questions lancinantes de la politique pénale et pénitentiaire réside
dans le traitement de la récidive au sens large du terme, c'est-à-dire aussi bien la récidive
légale que la multiréitération d'infractions. Dans quels cas le délinquant et/ou le criminel
doivent-ils être appréhendés plutôt sous l'angle du soin que de la punition ? Il s'avère qu'en
dissuadant ou en sanctionnant, l'incrimination sert, dans le même mouvement, à protéger
la victime potentielle d'une infraction, mais aussi à défendre la personne contre elle-même
ou ses fréquentations.
La condamnation pénale n'est donc pas toute répressive ; elle peut aussi être curative.
Même si la peine vise à sanctionner l'infraction à la loi et non à réparer le dommage subi
par la victime, il est certain que la partie civile peut profiter d'un procès pénal pour se
reconstruire. S'il est, à l'évidence, un domaine dans lequel la victime se retrouve dans un
état de délabrement psychologique, c'est bien celui du terrorisme et des prises d'otage.
Les protéger passe donc par l'incrimination et la surveillance policière. Mais, leur défense
suppose également une réelle prise en charge sur le plan tant médical que social.