Touchez pas aux grizzlis

Des tornades de neige balayaient maintenant les montagnes
de l'Alaska et les essuie-glace claquaient à chaque
aller-retour sur le pare-brise de la grosse jeep kaki.
La Ford Bronco des fuyards semblait s'être dissoute
dans cette tourmente. Ces terroristes, tout le monde les
voulait, pourtant, la semaine passée, ils avaient saboté le
pipeline Transalaska et massacré l'équipe d'innocents techniciens venus réparer les
dégâts. Aujourd'hui, ils avaient abattu un motard qui venait de les intercepter sur la
route. Ils avaient ensuite tué un autre motard lancé à leur poursuite et envoyé dans le
décor deux voitures de patrouille plus celle du shérif, lequel était toujours entre la vie
et la mort dans une clinique de Fairbanks. Un peu plus tard, ils avaient ouvert le feu à
la mitrailleuse en forçant un barrage de police dressé pour les arrêter. Un «exploit»
qui avait encore fait trois morts.
Quand le FBI avait parlé de gros morceau, il ne croyait probablement pas si bien dire.
Une chose était désormais certaine : ces assassins n'étaient pas des criminels de droit
commun mais des tueurs idéologiques. On avait affaire à une milice organisée. Et à
malfaiteurs d'exception, traque d'exception.
La chasse était lancée, avec Remo Williams aux commandes. Mais Remo avait deux
autres problèmes à gérer : la défaillance de Maître Chiun, disparu sous un obscur
prétexte, et le Mal des Maîtres qui le minait et réduisait dramatiquement ses capacités
physiques et mentales.
Pourtant l'enjeu était clair : la paix ou la guerre en Alaska. Le droit à l'échec n'était pas
inscrit au programme.