Splendeurs et misères d'une favorite

On a voulu faire de cette oeuvre
maîtresse de la littérature féminine
japonaise, écrite par une aristocrate du
XIII<sup>e</sup> siècle, une sorte de confession
impudique en costume médiéval. Mais le
parfum de scandale qui s'attache aux
libertés de moeurs de cette favorite, qui
servit l'empereur GoFukakusa sans
s'imposer une fidélité excessive, rêva
un destin d'impératrice avant d'être
renvoyée du palais et d'entrer dans les
ordres, occulte l'originalité de sa voix.
Version féminine du Dit du Genji , le
Towazugatari accomplit la synthèse
lyrique de nombreux genres classiques :
journal intime, chronique de la vie de
cour, roman d'amour, recueil de poèmes,
journal de voyage et récit de pèlerinage.
Roman d'émancipation, récit de
réappropriation d'un destin et d'une voix,
Splendeurs et misères d'une favorite
raconte la transformation d'un échec
social en réussite poétique. Gagnant
ainsi sa place dans la lignée des lettrés de
sa prestigieuse famille, dame Nijô
renoue avec le temps du rêve en
dialoguant avec son père défunt : elle a
conquis sa liberté sans offusquer les
morts.